Coup dur à Tori
Article mis en ligne le 18 mars 2014
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Depuis le dernier point envoyé en décembre 2013, quelques nouvelles encore de Tori.
J’ai envie de commencer par là où tout va bien. Tout va bien en effet au niveau du troupeau de vaches. Le troupeau croît en nombre et en taille. Il est en ce moment constitué de 28 têtes. Il y a donc eu quelques vêlages entre temps. Amadou, le bouvier, continue de bien s’en occuper. Il trait les vaches nourrices tous les matins avant le départ au pâturage et son épouse vend le lait frais aux villageois ou s’en sert pour fabriquer du fromage qu’elle vend sur le marché. Il ne recueille en ce moment qu’une dizaine de litres par jour.

Je signale ici qu’Amadou, finalement, a adhéré à l’idée de nous donner une part de ce qu’il gagne sur le lait. J’avais signé l’été dernier qu’il était réticent sur cette question. Nous avons donc mis une caisse à sa disposition, début février, dans laquelle il doit déposer chaque jour une part de ce qu’il gagne sur le lait. Je rappelle qu’il était convenu qu’il nous donne deux litres sur dix. Le fruit, pour l’instant, de cette épargne, n’est pas beaucoup ; il y dépose peu de choses et il a commencé depuis quelques semaines seulement. Cependant, c’est un pas important que nous avons ainsi marqué dans la collaboration avec lui. Cette caisse pourra aider, parfois, à acheter des produits pour les soins des bêtes et à faire face à des besoins qui ne manquent guère. D’ailleurs, si Amadou adhère finalement à cette idée, c’est aussi parce qu’il a été confronté récemment à des difficultés financières et avait sollicité notre aide. Je lui ai, le cas échéant, expliqué que si cette caisse fonctionnait comme nous le souhaitons, pour notre part, nous aurions pu y puiser quelque chose pour l’accompagner.
Sa femme et lui, en effet, ont accueilli des jumeaux (un garçon et une fille), fin janvier 2014. Je dois noter qu’à aucun moment avant la naissance des enfants, ils n’avaient su que la dame attendait des jumeaux. Les femmes peulh de nos villages ne font pas d’échographie ou autre… Ce fut donc une surprise totale pour eux. Et il a fallu les aider, y compris financièrement pour faire face aux dépenses imprévues, puisqu’ils n’attendaient qu’un enfant… De plus, leur tradition et leurs coutumes demandent et imposent des cérémonies à l’occasion des naissances qui sont plutôt onéreuses. Il faut, entre autres, abattre poulets, moutons, faire des sacrifices et donner le festin aux nombreux convives qu’on invite à l’occasion. Amadou nous a évidemment sollicité pour tout ceci et nous les avons aidés, sa femme et lui, comme nous l’avons pu.
Malheureusement, la jumelle est décédée, début février… Gros moment de souffrance et de tristesse pour Amadou, sa famille et pour nous tous. Là aussi, il a fallu les accompagner et les soutenir. Ils sont de jeunes parents ; c’étaient leurs premiers enfants…

Au niveau de la lapinerie, mis en route depuis un an maintenant, tout se passe aussi bien. Au jour d’aujourd’hui, nous avons une centaine de lapins. Il y a les reproductrices, les tout petits nouveau-nés, puis les plus grands, ceux qui sont engraissés et enfin ceux qui sont en attente de vente. Nous en avons vendu plusieurs dizaines entre décembre 13 et janvier 14, pendant la période des fêtes. Nos clients sont généralement, déjà, les membres de l’association, les villageois environnants et les restaurateurs de Cotonou. Il y a beaucoup de maquis spécialisés dans la vente et dans la cuisine de la viande du lapin. Je rappelle que le lapin est une viande très appréciée et très consommée au Bénin. Personnellement, je n’en suis pas un gros consommateur, mais bon, ça n’a pas d’importance. D’autres en raffolent. Les ventes interviennent dès lors que les lapereaux croissent et que nous les avons suffisamment engraissés, une vingtaine à la fois, habituellement. Nous prévoyons une prochaine vente pour fin mars.

Au niveau des bassins de pisciculture, nous avons toujours nos deux trous à poissons qui renferment en ce moment des tilapia et des poissons-chats. Ici, il n’y a rien à signaler si ce n’est que nous aurons une pêche de contrôle, fin mars, pour nous apercevoir de la taille des poissons avant de programmer une prochaine vente qui devrait intervenir pour Pâques au plus tard. Il y a environ six cents poissons dans chaque bassin. J’espère vivement que nous pourrons faire le troisième bassin incessamment selon notre projet, vieux maintenant de plusieurs mois…Ceci permettra d’accroître cette activité.

A la porcherie, nous avons connu un coup dur à la fin du mois de février. Alors que la nouvelle race de porcs dont nous avons lancé l’élevage courant mai 2013 prenait bien avec de belles bêtes et bien grasses, il y a eu une épidémie de peste porcine dans la région de Tori et notre porcherie n’a malheureusement pas été épargnée. Tous nos porcs ont été malades. Notre vétérinaire a été beaucoup sollicité et malgré sa diligence, certains porcs ont péri et nous avons été contraints d’abattre tout le reste. Vous pouvez imaginer notre douleur et notre tristesse. Au dire du vétérinaire, il faudra attendre un certain temps avant de relancer l’élevage… Les loges sont donc vides en ce moment à la porcherie.
Nous avons décidé, entre nous, en attendant, d’augmenter alors la taille au niveau des lapins pour compenser…
Enfin, depuis fin novembre 2013, nous avons de l’électricité sur place sur la ferme grâce aux panneaux solaires que nous avons fait installer. Les panneaux chargent un accu qui alimente une installation de 9 ampoules éclairant les différentes implantations (l’entrée du domaine, le bâtiment du bouvier, la paillotte, la porcherie, le moulin, la lapinerie, l’enclos des vaches, les bassins, etc). Les lampes sont allumées de 19h à 6h30 du matin. Il fait donc moins noir maintenant sur la ferme les nuits, au grand bonheur d’Amadou et de sa famille. Quelques soirs, les enfants des habitations environnantes viennent profiter de l’éclairage des lampes pour faire leur devoir ou pour jouer à la lumière.

Nos réflexions se concentrent en ce moment sur la conception et la réalisation d’un château d’eau pour un usage plus large que celui de la ferme. Il n’existe pas, en effet, d’eau potable sur la ferme ni dans les abords immédiats. Il s’agirait donc d’une installation d’utilité publique, avec une réserve importante d’eau capable d’alimenter la ferme en eau potable et les villageois environnants dans le besoin. Le projet est en étude et nous espérons les devis pour bientôt

Pour l’AADR,
Guillaume CHOGOLOU




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